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Club Dorothée : l’histoire de l’émission qui a marqué notre enfance

7 min de lecture
Club Dorothée : l’histoire de l’émission qui a marqué notre enfance
Nos années cultes ont encore des choses à raconter.

On peut oublier le prénom d’un ancien collègue, le code du portail et ce qu’on était venu chercher dans le garage. Le générique des Chevaliers du Zodiaque, lui, revient sans difficulté. Le cerveau fait des choix. Le nôtre avait ses priorités.

Pour ceux qui ont grandi dans les années 80 et 90, l’histoire du Club Dorothée se mélange aux souvenirs de la maison. La place devant la télé, le goûter qu’on faisait durer, le frère qui parlait pendant le passage important. Et cette conviction très sérieuse : si on ratait un épisode, on allait manquer quelque chose d’essentiel.

Diffusée sur TF1 entre 1987 et 1997, l’émission a accompagné une partie de notre enfance et, parfois, de notre adolescence. Remettons les choses dans l’ordre.

1987 : de Récré A2 à la naissance du Club Dorothée

Le Club Dorothée débute sur TF1 le 2 septembre 1987. La chaîne vient d’être privatisée et confie ses programmes jeunesse à Dorothée, déjà connue des enfants grâce à Récré A2 sur Antenne 2. AB Productions, la société de Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, produit ce nouveau rendez-vous.

Le changement de chaîne est important. L’animatrice dispose désormais d’un vaste terrain de jeu où se croisent dessins animés, chansons, sketches, concours et séries. Au fil des saisons, le Club Do prend plusieurs formes, avec des rendez-vous avant l’école, pendant les vacances et, bien sûr, le mercredi.

Nos souvenirs ont tendance à tout ranger dans le même tiroir. Pourtant, Récré A2 et le Club Dorothée sont bien deux émissions différentes. Goldorak, par exemple, était déjà diffusé dans Récré A2 en 1978, longtemps avant la naissance du Club. Il sera ensuite rediffusé chez Dorothée sur TF1.

Si vous pensiez l’avoir découvert au Club Do, votre mémoire n’est donc pas forcément en panne. Les rediffusions ont aussi fabriqué nos souvenirs.

Dorothée et sa bande : des visages qu’on retrouvait sans rendez-vous

Autour de Dorothée, quatre noms restent immédiatement associés à l’émission : Ariane Carletti, Jacky, François Corbier et Patrick Simpson-Jones. La composition de l’équipe évoluera au cours des dix années, mais cette bande demeure celle que beaucoup visualisent en premier.

Chacun avait sa manière d’occuper le plateau. Dorothée menait la danse, les autres se lançaient dans les jeux et les sketches, et les musiciens des Musclés participaient à cette ambiance de grande récréation.

Avec le recul, on reconnaît les ficelles. Les gags étaient parfois prévisibles, les décors ne cherchaient pas la discrétion et personne n’avait vraiment peur d’en faire trop. À huit ans, cette dernière qualité nous paraissait plutôt rassurante.

On retrouvait des voix, des habitudes, une façon de s’adresser à nous. À force, cette équipe avait sa place dans le salon. Juste à côté du meuble télé qu’il fallait être trois pour déplacer.

Les dessins animés du Club Dorothée ont débordé dans la cour de récré

Dragon Ball, puis Dragon Ball Z, Les Chevaliers du Zodiaque, Nicky Larson, Sailor Moon… Au fil des saisons, les dessins animés japonais deviennent une composante majeure du Club Dorothée. L’émission contribue à installer durablement ces univers dans la culture populaire française.

La séance ne s’arrêtait pas au générique de fin. Le lendemain, il fallait comparer les personnages, défendre son préféré et rejouer les combats avec un budget effets spéciaux proche de zéro.

Dragon Ball : beaucoup d’entraînement, assez peu de résultats

Son Goku nous donnait envie de croire qu’en travaillant suffisamment, on pouvait dépasser ses limites. Quelques-uns ont surtout essayé de concentrer leur énergie entre leurs mains, derrière le préau. Le résultat était rarement spectaculaire, mais la motivation méritait d’être saluée.

On riait, on attendait la suite, on voulait comprendre jusqu’où les personnages pouvaient aller. Pour beaucoup, ces histoires ont été une première rencontre avec des aventures qui se poursuivaient sur de nombreux épisodes. Le t-shirt Goku prolonge le clin d’œil, sans séance d’entraînement sous gravité augmentée.

Les Chevaliers du Zodiaque : un choix de personnage qui comptait

Seiya, Shiryu, Hyoga, Shun, Ikki : chacun avait ses arguments. L’armure, les attaques, le caractère… Les discussions pouvaient être longues. Elles l’étaient même souvent davantage que les négociations sur le partage des billes.

Sous les combats, il y avait aussi des histoires d’amitié, de fidélité et de courage. Les personnages tombaient, se relevaient et retournaient aider les autres. On venait pour les armures. On s’attachait à la bande. Et pour ceux qui n’ont jamais quitté le camp de Pégase, notre t-shirt Seiya garde la référence près du cœur.

Goldorak : un héros qui a traversé plusieurs enfances

Grâce aux rediffusions, Actarus a pu réunir des enfants qui n’avaient pas le même âge lors de son arrivée à la télévision française. Certaines familles l’ont découvert avec Récré A2, d’autres l’ont retrouvé au Club Dorothée.

Le robot a gardé une place particulière dans les souvenirs. Chez Neropop, c’est aussi ce plaisir de reconnaître un héros au premier coup d’œil qui nous anime. Notre t-shirt Goldorak lui fait un clin d’œil. Il est tout de même plus simple à porter au quotidien qu’un robot de plusieurs dizaines de mètres.

Des génériques, des jeux et toute une vie autour de l’écran

Le Club Do, c’était aussi une bande-son. Bernard Minet a interprété plusieurs génériques emblématiques, notamment ceux de Bioman et des Chevaliers du Zodiaque. D’autres voix, dont celle d’Ariane pour Dragon Ball Z, appartiennent elles aussi à nos souvenirs. Tous ces refrains ne venaient donc pas du même interprète, même si la mémoire fait parfois un tir groupé.

Entre les programmes, les jeux occupaient le plateau. Un détail vaut le détour dans les archives : le 1er juin 1988, Jacky reçoit son seau d’eau à 15 h 58 min 29 s. L’INA en conserve la trace. Voilà une précision qui pourrait vous rendre redoutable à un dîner où la conversation aurait décidé de devenir très spécialisée.

L’univers AB s’étend aussi aux sitcoms, avec Salut les Musclés, Premiers baisers et Hélène et les garçons. On grandissait, et nos sujets de préoccupation télévisuelle s’élargissaient. Sauver Athéna restait important. Savoir ce qui se passait à la cafétéria commençait à l’être aussi.

Tout n’était pas parfait, et on peut aussi s’en souvenir

En revoyant ces programmes avec des yeux d’adultes, certaines choses sautent aux yeux : la place de la publicité, la promotion des disques et des spectacles, ou encore des dessins animés dont la violence pouvait surprendre dans une case jeunesse. Ces critiques existaient déjà pendant la diffusion de l’émission.

Les parents qui demandaient de baisser le son n’étaient pas tous les ennemis du bonheur. Il faut bien finir par le reconnaître, maintenant que c’est parfois nous qui tenons la télécommande.

On peut garder de l’affection pour cette télévision tout en voyant ses excès. Cela rend le souvenir plus intéressant, et probablement plus honnête.

Pourquoi le Club Dorothée s’est-il arrêté en 1997 ?

L’émission quitte l’antenne à la fin du mois d’août 1997, après dix années sur TF1. Les dernières saisons ont vu ses plages de diffusion se réduire. Le contrat entre TF1 et AB n’est finalement pas renouvelé.

Les explications ont souvent été résumées à une polémique ou à un responsable unique. Dans un entretien accordé à Planète Jeunesse, Corbier rappelle pourtant qu’il s’agit d’une fin de contrat et évoque les relations entre les deux entreprises. L’histoire mérite donc mieux qu’un coupable désigné en une phrase.

Pour les spectateurs, ces questions de télévision et d’affaires passaient loin derrière l’essentiel : une habitude venait de disparaître. Il faudrait désormais faire sa rentrée sans retrouver exactement la même bande à l’écran.

Ce qu’on retrouve quand on reparle du Club Dorothée

Aujourd’hui, un générique peut faire revenir bien davantage qu’un personnage. On revoit une pièce, un vieux canapé, une boîte de biscuits. On repense à quelqu’un avec qui on regardait la télé, ou au copain qui connaissait la suite parce qu’il avait un grand frère. Source d’information hautement fiable, évidemment.

Ce plaisir se partage encore. On montre un épisode à ses enfants, on échange un souvenir entre amis, on reconnaît une référence sur un vêtement. Et la discussion repart, parfois avec les mêmes arguments qu’à la récréation.

Chez Neropop, on aime garder une place à ces héros dans une vie d’adulte déjà bien remplie. On peut gérer ses rendez-vous, remplir des papiers très sérieux et avoir encore un avis tranché sur le meilleur Chevalier de Bronze.

Au fait, vous choisissiez qui ? Prenez votre temps. On sait que le sujet est sensible.

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